La décision du gouvernement Arizona d’augmenter le taux de TVA applicable aux billets de concerts et de festivals de 6 % à 12 % à partir de mars 2026 constitue un (énième) coup dur pour le secteur des musiques actuelles.
Cette hausse, qui s’inscrit dans un ensemble de modifications fiscales visant à augmenter les recettes publiques, frappe de plein fouet des petits lieux et événements qui fonctionnent déjà avec des marges très serrées. Cette augmentation génère une pression supplémentaire sur les organisateur·ices, les salarié·es culturel·les et les publics.
La mesure, qui touche également les services annexes comme la restauration et les nuitées de camping, alourdit les coûts pour les spectateur·ices et menace la viabilité de nombreux concerts et festivals en Belgique.
De plus, cette mesure introduit une discrimination injustifiée entre différentes pratiques artistiques. Alors que certaines disciplines comme le cirque, l’opéra, le théâtre ou la musique classique échappent à cette hausse, les concerts de musiques actuelles – vecteurs majeurs de participation culturelle, d’emploi et de diversité artistique – se voient appliquer un traitement fiscal plus lourd. Cette situation crée une rupture d’égalité au sein de la sphère culturelle et envoie un message inquiétant sur la place des musiques actuelles dans les priorités politiques et fiscales du pays. Cela crée une distinction arbitraire entre ce qui relèverait de la « Culture » d’un côté (opéra, danse, théâtre) et du « divertissement » de l’autre (pop, rock, rap, etc.)
Les répercussions de cette augmentation de TVA ne se limiteront pas à une simple hausse du prix des billets. Elle risque d’entraîner une baisse de fréquentation, de fragiliser des structures associatives, et de réduire l’accès à la culture pour les publics les plus précaires. Les artistes, déjà confronté·es à une précarité structurelle et à une rémunération insuffisante, verront leurs opportunités de diffusion et de rémunération se réduire encore, alors même qu’il est plus que jamais indispensable de créer des conditions favorables pour soutenir les créateur·ices, renforcer leurs possibilités de diffusion et garantir l’accès du public à une offre culturelle diversifiée.
FACIR s’oppose fermement à une hausse de la TVA sur le dos d’un secteur déjà précarisé, ainsi qu’à une relégation des musiques actuelles dans la catégorie du simple divertissement.
Il est nécessaire de rétablir l’équilibre entre toutes les formes d’expression culturelle et de prévenir les conséquences néfastes qui vont peser sur les artistes, les organisateur·ices et le public.


